De l’urgence de questionner un système

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »

Alors que la campagne électorale poursuit son ascension sur le tremplin médiatique, je propose de vous embarquer dans un pas de côté. Le genre de pas qu’on fait quand ça va trop vite. Le genre de pas qui permet de sortir des possibles qui jusqu’alors se limitaient à une arrête pour aller à l’intérieur même de la figure et non plus son étroite périphérie.

À la vue de la catastrophe en cours, je me sens impuissant. Depuis des centaines d’années, les humains qui se sont insurgés contre l’industrialisation forcée de nos vies n’ont pas réussi à freiner le rouleau compresseur moderniste. À peu près toutes les personnes se déclarant comme scientifiques sont unanimes, la trajectoire actuelle de notre société nous mène vers une apocalypse, sans ses chevaliers car les chauffeurs Uber ont repris cette mission. Le système économique semble hors de contrôle, nous évoluons dans un inconnu qui s’éloigne de plus en plus des conditions qui ont permis aux humains de se répandre aux quatre coins de la planète. Quoi de moins rassurant….

Je ne m’attarderai pas sur la prose anxiogène décrivant si bien la situation. Comme tout animal doué de raison, il est urgent de chercher les causes pour enrayer la machine qui broie les humains et leurs écosystèmes. Sommes nous en train de nous suicider collectivement telles des levures consommant le sucre d’une bouteille d’orge malté jusqu’à ce que tout soit transformé en alcool ? Est-ce à cause du striatum de notre cerveau qui nous pousse à consommer toujours plus, jouir toujours plus. Cette histoire qui nous condamne repose heureusement sur une échelle d’analyse peu pertinente. Dans le cas d’un accident de la route, se focaliser sur le fait que des milliards d’atomes de fer ont percuté des molécules de cellulose puis de collagène et de tissu conjonctif permet de décrire parfaitement la situation mais ne permet pas de comprendre pourquoi la voiture a renversé le piéton.

Continuer toujours à la même échelle d’analyse, avec les mêmes présupposés jamais interrogés ne fait que perpétuer un système qui nous menace, nous humains. Je pense que si nous sommes là où nous en sommes aujourd’hui, c’est parce que notre régime politique manque de démocratie. Nous ne souhaitons pas nous suicider collectivement or nous nous tirons une balle dans le pied puis bientôt dans la tête, etc. Nous n’avons donc aucun pouvoir. Il suffit donc de plus de démocratie pour s’en sortir. Mais d’où vient le manque de démocratie nécessaire ? Je propose de se focaliser sur la façon dont sont prises les décisions. Est-ce que notre régime politique nous pousse à prendre les bonnes décisions ? Est-ce que notre régime politique pousse les élus à prendre de bonnes décisions, dans l’intérêt de l’ensemble des humains ?

Cet article introduit une série interrogeant la boite noire politique que sont les élections. Est-ce que les élus prennent des décisions dans l’intérêt de tout le monde ? Qu’ont-ils et elles de plus que les non-élus, candidat ou non ? En ces temps de propagande pro-électorale, on pourrait se demander : est-ce que voter toujours la même chose et s’attendre à un résultat différent ce ne serait pas un peu fou ?

On tentera d’apporter une réponse par une méthode pragmatiste qui, dans le champ politique, ne s’intéresse pas aux intentions mais aux faits.

A suivre.