Ce que les enfants ont payé pendant que les institutions hésitaient

Ils arrivent toujours trop tard. Et quand ils arrivent, ils font semblant de découvrir ce qu’ils ont longtemps refusé de voir.

Les femmes et les hommes politiques français s’agitent autour du « sevrage numérique ». On légifère, on publie, on communique… et on se félicite d’avoir enfin compris. Mensonge.

Dès 2012, les effets des écrans sur l’attention, le langage et les relations étaient visibles dans les lieux éducatifs et de soin. Nous avions interdit les téléphones portables aux moins de 16 ans dans le lieu dont nous avions la responsabilité. Résultat : désaveu des institutions et opposition des professionnels, chacun invoquant « libertés » ou « excès ».

Pendant ce temps, une dépendance massive s’installait sous couvert de modernité. Aujourd’hui, on découvre l’incendie et on propose des extincteurs, sans jamais assumer le retard accumulé.

Ce qui a manqué, ce n’est ni le signal ni la lucidité des professionnels. Ce qui a manqué, c’est le courage de dire non, d’assumer l’impopularité et d’ouvrir de vrais débats.

Alors oui, parlons de sevrage numérique. Mais parlons-en ensemble, lucidement et sans hypocrisie.

Et pendant ce temps, les enfants ont payé l’addition.