Le vendredi 1er mai, nous – la recyclerie La Volte – avons participé au festival organisé par Lhapsa07.
Durant ce très joyeux évènement, se déroulant sur la place de l’hôtel de ville de Privas, nous tenions un stand de gratuité. Le principe : proposer aux personnes de prendre gratuitement des objets.
Notre affiche explique :
Espace de gratuité temporaire
Et si on changeait notre rapport à la propriété et la consommation ?
Ce n’est pas une brocante ou un vide grenier mais un espace non marchand temporaire !
Chacun.e amène ce qu’iel veut et prend ce qu’iel souhaite.
Chaque personne est libre de ramener des objets dont iel ne se sert plus, à condition qu’ils soient propres et réutilisables.
Donner et récupérer au lieu d’acheter et jeter.
Ni troc, ni obligation de réciprocité, ni charité.
Ici, tu es dans un espace où les rapports marchands sont abolis, les objets circulent et les gens se parlent en réapprenant que les échanges ne passent pas forcément par l’argent.
Sur un tableau blanc, deux questions sont posées :
• Est-ce que la gratuité entraîne la surconsommation ?
• Qu’est ce que tu ressens quand tu prends un objet gratuitement ?
Après seulement quelques minutes, les premier.es badaud.es s’arrêtent. Trouvant un objet à leur goût, iels hésitent à le prendre. Nous les encourageons à emporter l’objet avec elleux. C’est à ce moment que les réactions s’enchaînent : « mais je vais bien vous donner une petite pièce ? ».
Evidemment nous refusons, « alors attendez, je vais chercher un objet, chez moi, à échanger ». Non plus, nous ne troquons pas. « C’est un peu gênant » ; « Vous plaisantez ??? » ; « c’est un piège ??? » ; mais aussi des altruistes « je repasserai plus tard prendre cet objet s’il vous l’avez encore, je le laisse à quelqu’un.e qui en a plus besoin que moi ».
En discutant, nous nous rendons rapidement compte, qu’il est facile de donner. C’est un peu plus difficile de recevoir, c’est toujours un peu gênant, il y a un sentiment de redevabilité. Mais prendre, ça c’est encore plus étrange, presque inconcevable. Puis quand même, iels repartent avec un objet.
Une personne est persuadée que bientôt notre stand sera vide, que quelqu’un.e va venir tout prendre pour iel seul.e. (Spoiler : ce n’est pas arrivé).
Une autre pense que, non, la gratuité n’entraîne pas de surconsommation, puisqu’elle réfléchit à plusieurs fois à prendre un objet. Elle le fait quand elle dépense de l’argent, mais encore plus ici, au stand de gratuité, parce qu’elle ne veut pas s’encombrer d’un objet inutile pour elle, mais utile pour une personne qui serait plus démunie.
De notre côté du stand, l’expérience est superbe. C’est un très bon moment de rencontres et de partages avec les gens. Questionner et expérimenter la gratuité serait un moment à reproduire. 😊
Nora et Léo